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Fermeture de la raffinerie de Dunkerque : où est le projet de réindustrialisation du site ?
Total a annoncé officiellement aujourd’hui la fermeture du site de Dunkerque.
Le seul projet industriel concerne un terminal méthanier installé avec EDF, qui ne garantit qu’une cinquantaine d’emplois directs. Total a annoncé le reclassement des salariés dans un dépôt logistique, dans des centres de formation et d’assistance technique au raffinage, ou dans d’autres raffineries ou structures du groupe en France, et des départs anticipés.
Total est donc loin de proposer un véritable projet de substitution pour le site de Dunkerque. Que vont devenir les entreprises sous-traitantes et leurs 400 à 450 salariés ? Le projet de la direction du groupe est inacceptable. Le gouvernement doit prendre ses responsabilités. Le Ministre délégué à l’industrie n’avait-il pas dit le 24 février que la raffinerie devrait rouvrir s’il n’y avait pas un vrai projet de substitution ? Il est temps de passer aux actes.
Le Parti socialiste rappelle qu’il avait fait des propositions pour traiter de tels cas, c’est-à-dire des entreprises qui, en pleine crise, annoncent des fermetures de sites et des plans sociaux alors qu'elles continuent de verser des dividendes à leurs actionnaires ou rachètent leurs propres actions. Ces propositions s’appliquent parfaitement à la situation du site de Total. Le Parti socialiste demande qu’elles soient mises en œuvre en urgence par le gouvernement :
- le remboursement des aides publiques reçues cinq ans avant toute ouverture de procédure de licenciements ;
- l’obligation de proposer un plan de sauvegarde de l’emploi qui assure le reclassement et la reconversion dans un emploi de catégorie équivalente de l’intégralité des salariés concernés, et qui finance la réindustrialisation des sites affectés ;
- le cas échéant, en cas risque avéré pour l’emploi et la survie du site, la mise sous tutelle temporaire par le tribunal de grande instance.
Quand les ministres en campagne oublient de citer Nicolas Sarkozy
Le Monde.Fr
Alain Marleix arpente le marché Saint-Pierre de Clermont-Ferrand. Désert, en ce vendredi matin. "Il y a plus de porte-flingues que de clients", sourit le secrétaire d'Etat aux collectivités locales, tête de liste UMP en Auvergne, en voyant arriver son complice Brice Hortefeux, flanqué de son service de sécurité.
Ce 26 février, M. Marleix grommelle contre la laideur de la place de Jaude qu'il traverse sans être reconnu : il n'aime pas Clermont-Ferrand, lui, l'élu du Cantal, député le mieux élu de France avec 63 % des voix. C'est la campagne contre la ville, la droite contre la gauche.
Lorsque Brice Hortefeux a jeté l'éponge à l'automne et décidé de ne pas être tête de liste en Auvergne, M. Marleix l'a remplacé. "On ne le connaît pas trop", déplore Marie-Thérèse Sikora, maire de Saint-Eloy-les-Mines, qui tente de se rassurer : "Marleix n'a jamais perdu une élection." En réalité, personne n'y croit vraiment.
Mais on travaille sérieusement, avec un agenda surchargé. On fait bonne chère aussi. Obsédé par sa ligne, M. Hortefeux a préconisé un restaurant qui sert de la soupe de potiron. M. Marleix se rabat sur une brasserie animée, avec huîtres et ris de veau : "On ne le dira pas à Brice." Il faut aller rencontrer les élus de la chambre de commerce et d'industrie. Tous masculins. "C'est beau, la parité", siffle Blandine Rocca, jeune candidate UMP. On accuse René Souchon, le président socialiste de la région, de ne pas financer l'école supérieure de commerce ou de laisser mourir l'aéroport.
Il faut ensuite enchaîner des interviews avec les journalistes économiques. "Ça me fait suer, je n'y connais rien", peste M. Marleix, qui décide de sécher la réunion électorale du soir à Montluçon. "Je ne crois pas aux meetings. Il n'y a que des convaincus. Je préfère visiter chaque année toutes mes communes. J'en ai 190", raconte le député du Cantal. "Comme il n'y a plus de curé, le député joue le rôle du confesseur. Parfois, j'apprends les divorces avant les maris."
Brice Hortefeux inventera un empêchement pour excuser la tête de liste. Depuis des années, l'ami de Nicolas Sarkozy sillonne l'Auvergne, mais n'a jamais été élu au suffrage direct. Il envisage, c'est un secret de polichinelle, un parachutage à Vichy pour les législatives. Ce vendredi, il s'est concentré sur son entretien à France 3. La presse nationale compte si peu. "Neuf journaux sur dix vendus, c'est La Montagne", assène M. Hortefeux.
Le ministre de l'intérieur arrive épuisé dans son Relais et Châteaux à Montluçon. Il râle contre ses troupes qui ont accepté un meeting tardif à 20 h 30 et retrouve des couleurs lorsque débarque Gilbert Montagné. Enrôlé dans la liste UMP, le chanteur non-voyant a préparé son discours en braille. Il faut y aller. "Je vais revêtir mon habit de lumière", plaisante M. Hortefeux.
Le meeting est un succès. Deux cents militants, tous des vieux, à l'image de bien des électeurs sarkozystes. Les orateurs justifient la réforme de la taxe professionnelle et des collectivités locales, au risque de faire mourir d'ennui l'auditoire. Plus facile, on accuse les socialistes d'avoir augmenté les frais de communication et les impôts, mais de n'avoir rien fait pour le TGV et les agriculteurs.
Enfin, c'est l'estocade. M. Hortefeux brandit le classement du magazine L'Expansion, qui a rétrogradé l'Auvergne de la huitième à la dix-neuvième place des régions de France. Ce n'est pas par sectarisme, explique le ministre, qui vante la performance du président socialiste de l'Aquitaine, Alain Rousset.
Heureusement, chacun a ses chiffres. A quatre cents kilomètres de là, le ministre du travail Xavier Darcos, tête de liste UMP en Aquitaine, a trouvé des critères à la direction générale des collectivités locales pour attaquer le même Rousset.
M. Darcos laboure les campagnes. Et c'est très dur. "En tant qu'homme de droite, je suis très déçu, car en deux ans, le gouvernement a ruiné l'agriculture", l'interpelle dès potron-minet un éleveur de Gironde pendant de la traite des vaches. Ce mardi 2 mars, à 8 heures, on casse enfin la croûte, avec des saucisses grillées... et un verre de Bordeaux. "Vous ne buvez pas ? Vous ne ferez pas de politique", plaisante Xavier Darcos. Dans sa voiture, il commente : "Cela fait trente ans que j'entends la même chose. On dirait un disque rayé, même si là, cela a l'air grave".
La veille, M. Darcos a multiplié les visites dans le Lot-et-Garonne et écouté les doléances. Il en déduit que la région socialiste a abandonné l'arrière-pays. En réalité, c'est la droite des artisans et des paysans qui menace de s'abstenir. Tout va mal, même si on est très courtois.
Les producteurs de pruneaux cherchent une parade à la concurrence chilienne ; les marchands de pommes, peu compétitifs, proposent d'instaurer la TVA sociale, celle-là même qui porta malheur à la droite entre les deux tours des législatives de 2007. "On va perdre encore plus les élections", sourit M. Darcos. Les débats sont touffus, faits de sigles incompréhensibles. "A la fin de la campagne, je vais être incollable en tout", explique M. Darcos.
Pour égayer la journée, il a invité la ministre de la santé Roselyne Bachelot. Elle évite son ancien fief des Pays-de-la-Loire, histoire ne pas gêner le jeune Christophe Béchu. "Je préfère venir avec les copains plutôt que jouer la figure tutélaire", explique Mme Bachelot, qui raconte ses bonnes histoires du temps de Jacques Chirac. Pour clore une réunion avec le conseil municipal de Duras, elle lance : "On a faim, c'est quand même une région où on mange bien." Et donne un coup de main en expliquant son action contre la désertification médicale.
On finit avec une réunion devant 200 militants près de Marmande. Après l'interminable discours de Michel Diefenbacher, député UMP du Lot-et-Garonne, M. Darcos prend le micro. Et se sent obligé de préciser : "Je suis fier d'être sarkozyste."









